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Abdleghani Bousta - Biographie

Abdelghani BOUSTA
Une vie, un combat...
1949 - 1998

1949-1969 Naissance, études, diplôme d'ingénieur.
1969-1973 Engagement politique.
1973 Evènements du 3 Mars et clandestinité.
1974-1994 Exil à Paris.
1975-1983 Le Mouvement " Option Révolutionnaire ".
1984 Dissolution du Mouvement Option Révolutionnaire.
1989 Fondation du Centre Marocain pour la Coopération et les Droits de l'Homme
1993 Congrès constitutif du PADS. Abdelghani est membre du Bureau National. Création du Bulletin " La lettre du Maroc " , organe du PADS.
1994 Retour d'exil pour la contribution à l'évolution et la consolidation du Parti.
1994-1998 Participations à différentes manifestations et fondation de " Droits Pluriels".
1996-1998 Un combat continu pour la liberté et le droit, mais aussi un combat contre la maladie que les vicissitudes de l'exil, certaines désillusions et déceptions profondes ont peut-être accélérée.

    Né le 18 février 1949 à Marrakech, Abdelghani Bousta poursuit sa scolarité dans les environs de sa ville natale. En 1957, à 8 ans, encouragé par son école, il fait son premier discours au lendemain de l'indépendance marocaine. Celui-ci est centré sur l'urgence de l'engagement de tous les marocains pour la construction d'un Maroc libéré et libre et sur la nécessité d'unir toutes les forces du pays pour y parvenir.
En 1965, à 16 ans, Abdelghani obtient son Baccalauréat scientifique. Il poursuit ses études à l'école Mohammadia des Ingénieurs ( l'E.M .I.) de Rabat. Durant cette période, il participe aux luttes estudiantines et se solidarise avec les différentes grèves universitaires.
A 20 ans, il est ingénieur en électronique mais ne peut rejoindre le monde du travail car ses professeurs considèrent qu'il est trop jeune encore pour assurer des responsabilités professionnelles. Il est alors envoyé à Grenoble pour y poursuivre un D.E.A. et une spécialité en automation industrielle à l'Institut Polytechnique (I.P.G.).

     Arrivé à Grenoble, il rentre dans les rangs de l'Union Nationale des Forces Populaires (U.N.F.P.) et milite de manière soutenue au sein du parti et de l'Union Nationale des Etudiants Marocains (l'U.N.E.M.). Alors que des clubs belges et français le sollicitaient, il disait : " j'avais le choix entre une carrière au foot ou un engagement politique. J'ai fait mon choix ".
En 1971, il rejoint la tendance populiste, dirigé par Mohamed El Basri (dit le Fquih). Il est alors confiant et prêt à sacrifier sa vie pour le droit et contre le despotisme.

    Diplômé en automation industrielle et ayant soutenu son travail de recherche, il rentre en 1972 au Maroc où il est nommé, à l'âge de 23 ans, directeur des Barrages du Sud Marocain.

    Les événements de Mars 1973, organisés en grande partie par Mohamed El Basri (dit le Fquih) le pousseront à la clandestinité avant de s'exiler.
Quels sont ces évènements ?
Dès le début de l'année 1973 le Maroc, après les deux coups d'état militaires de 1971 et 1972, traverse une période marquée par des actions armées dirigées contre des établissements gouvernementaux dans certaines villes et campagnes. Au début du mois de mars 1973, des militants de l'U.N.F.P. traversent la frontière algéro-marocaine et rejoignent l'Atlas pour mener une action armée d'envergure contre le régime marocain. Ils seront encerclés le 3 mars 1973 par les forces de police.
Plusieurs d'entre eux dont dont Mahmoud Bennouna, Assekour Mohamed, Brahim Tizniti vont périr. D'autres militants risqueront leur vie en tentant de rejoindre l'Algérie. Suite à ces évènements un grand nombre de militants seront arrêtés et huit d'entre eux, condamnés à mort, furent exécutés le 1er novembre 1973, jour de la fête du sacrifice du mouton.
Il s'agit de : Omar Dahkoun, Abdellah Ben Mohamed, Aît Lahcen, Barou M'Barek, Bouchakouk Mohamed, Hassan El Idrissi, Moha Nait Berri, Taghjite Lahcen.

    De mai 1973 à septembre 1974, Abdelghani vit dans la clandestinité. Pendant cette période, il partage avec d'autres camarades l'analyse sur les erreurs commises lors des évènements de mars 1973.               

    Abdelghani s'exile à Paris en septembre 1974. Suite au congrès constitutif de l'Union Socialiste des Forces Populaires (U.S.F.P.)  plusieurs militants de l'UNFP lancent un appel le 1er mai 1975 pour remettre en cause les nouvelles orientations prises lors du congrès constitutif de l'USFP considérant  que celui-ci était en  rupture avec les positions et thèses de l'Union Nationale des Forces Populaires (UNFP). Selon eux, il ne s'agissait pas d'un simple changement de nom du parti (U.S.F.P. au lieu d'U.N.F.P.) mais d'un reniement  des choix fondamentaux du Parti

Dès lors, pour un certain nombre de militants, s'est posé la nécessité de fonder un courant de pensée comme alternative politique condamnant d'une part, les choix et activités populistes et putschistes et d'autre part, les orientations opportunistes et réformistes.. Sur ces bases, fut créé, " El Ikhtiar Attaouri " (Option Révolutionnaire) dont il est le principal instigateur.

 

    En 1975, il propose une contribution de l'autocritique de l'UNFP  qui paraîtra en janvier 1976 : ce sera la  première brochure parue au nom d'Option Révolutionnaire  condamnant sans équivoque d'une part les orientations opportunistes et réformistes et d'autre part, les choix et activités populistes et putschistes.  Au sujet des évènements du 3 mars 1973 : " (...) L'expérience de mars 1973 a contribué à éclaircir les contradictions internes du Parti et à faire apparaître toute sa direction sous son vrai visage : une direction putschiste et aventuriste qui n'hésite pas à sacrifier des dizaines de militants dans une bataille incertaine."

    En  décembre 1976 sera fondé le  mensuel en langue arabe «  Alikhtiar Attaouri » . Il rédigera de nombreux articles qui contribuent à former un grand nombre de militants dont certains détenus politiques . Il coordonne les activités du Mouvement et contribue de manière déterminante à son orientation, à ses programmes d'activités et à ses différentes prises de position parues dans son mensuel ou dans des brochures diverses (la question du Sahara, l'analyse critique du Mouvement de Libération Nationale et de l'U.N.F.P, entre autres ). En 1982, ce mensuel se développera en une revue trimestrielle.

    En 1977, il dirige  l'association " Trois Continents ", ouverte à un certain nombre de militants arabes (syriens, algériens, palestiniens...). Dans ce cadre, paraît le premier numéro d'une revue tiers-mondiste qui se voulait fidèle aux options révolutionnaires de Mehdi Ben Barka. Malheureusement, la revue n'aura plus les moyens permettant sa parution Il fonde, alors avec 'autres militants, le Centre Averroès ( Ibn Ruchd) et dirige plusieurs traductions d'ouvrages en langue arabe : Le Commandeur des croyants de J. Watherbury ; Le fellah marocain, détenteur du trône de Rémi Leveau ; Maroc, Impérialisme et Immigration de A. Baroudi.
Le mouvement " Option Révolutionnaire " à l'étranger s'étend non seulement en Hollande, Belgique, Espagne, Italie, Allemagne et en France mais aussi en Libye et en Algérie. Les rencontres sont de véritables confrontations idéologiques et politiques. Des programmes d'action sont élaborés et mis en oeuvre pour condamner le régime marocain et sa politique, et pour développer des liens militants avec les différents courants de la gauche marocaine.

    Parallèlement, les contradictions avec Fquih El Basri s'accentuent. Le 30 mars 1982, le Mouvement " Option Révolutionnaire " a déclaré publiquement que toutes les positions politiques prises par Mohamed El Basri au niveau national comme international n'engageaient en rien ce Mouvement. Celles-ci étaient en contradiction avec son orientation. Face à la persistance de ce dernier dans ses déclarations,le Mouvement publia, le 2 Février 1983 un communiqué clarifiant la rupture de ses relations avec lui.

    En 1983, la revue Alikhtiar Attaouri précise :  " Le Mouvement Option Révolutionnaire a toujours combattu la ligne réformiste-aventuriste au sein du Parti (...)Il a toujours considéré que le réformisme et l'aventurisme sont deux faces d'une même monnaie ".

 

    En 1983, la majorité des militants de la Commission Administrative Nationale de l'Union Socialiste des Forces Populaires (U.S.F.P.- C.A.N.qui deviendra ultérieurement PADS ) prennent position contre le bureau politique et s'en séparent. Ce dernier rentrait, selon eux, dans des compromissions contradictoires avec les choix fondamentaux du parti. La possibilité de dissolution du Mouvement Option Révolutionnaire se pose alors. Ainsi, un grand nombre de militants rejoignent l'U.S.F.P.-C.A.N. dont il sera le représentant à l'étranger. Paraîtra alors, «  La Lettre du Maroc », organe de l'USFP-CAN à l'étranger . La revue Alikhtiar Attaouri cesse. 

    En 1986, sera publiée la revue Alwatane ( la Nation) qui s'intéresse aux questions de libération, de développement et de socialisme au Maroc et dans le monde arabe. Le développement des relations de coopération et d'amitié avec le Mouvement progressiste international et particulièrement en Europe, le conduit à créer en 1989 avec d'autres camarades le Centre Marocain pour la Coopération et les Droits de l'Homme (C.M.C.D.H.) et par la suite à publier  son bulletin "Droits Pluriels".

    En 1993 s'est tenu le congrès constitutif du PADS (Parti de l'Avant-garde Démocratique Socialiste), anciennement U.S.F.P. (C.A.N.) ; Les militants en exil y participent par le biais de liaisons téléphoniques. A cette occasion, Abdelghani, dans le message qu'il avait exprimé au Congrès du PADS au nom des exilés, rapportait entre autre : " Si les distances géographiques, ainsi que les circonstances que vous connaissez nous séparent aujourd'hui, soyez certains de notre présence parmi vous (.) Nous vivons avec vous cet instant historique et ce tournant essentiel dans la marche victorieuse de notre Parti. Ce tournant confirme l'ancrage de notre parti dans ses choix fondamentaux élaborés, développés et approfondis par des générations successives de militants sincères. (...)Notre peuple a mené un flot ininterrompu de combats et de soulèvements, et consenti des flots de larmes et de sang, pour que triomphent ces mêmes objectifs et aspirations. Il continue de les chanter avec le poète populaire qui dit : " Ne te soumets pas, ne baisse pas les bras. Continue la résistance, ne te compromets pas. Garde la tête haute, résiste encore. Le drapeau du despote s'incline, Résiste encore et combats. Elève ta voix, et revendique par les mots du droit, Lève bien haut ton étendard Le droit est de ton côté : à toi la victoire. "

 

    A partir de cette date, il représente le PADS au niveau des relations internationales en tant que membre du bureau national et du Comité Central.
Il fait connaître les positions de son parti en créant en septembre 1993 le bulletin "la lettre du Maroc", qui paraîtra alors en tant qu'organe du  PADS à l'étranger . Il participe à un grand nombre de congrès en France, en Espagne, au Portugal... et anime des conférences et colloques sur les Droits de l'homme et la situation politique au Maroc.

    Suite à l'amnistie générale de 1994 et après une grande hésitation, il décide de retourner de temps à autre au Maroc, animé par la volonté de contribuer avec ses camarades à l'évolution et la consolidation du Parti aux niveaux idéologique, politique, économique et stratégique. Il s'emploie à mettre en place un programme militant. C'est avec confiance et sincérité qu'il a voulu contribuer à l'évolution de la ligne idéologique, politique et militante du Parti, loin de toute ambition politicienne, animé par le seul souci de voir son Parti porter dans sa plus haute valeur le combat contre l'injustice, pour la démocratie, le socialisme et la restauration de la dignité humaine.
Il participe régulièrement à différentes réunions du Comité Central et avance des propositions concrètes sur le programme d'actions, écrit des articles de fond dans le journal du Parti ( Attarik), notamment sur la démocratie,  l'histoire critique du Mouvement national et de l'U.N.F.P, sur les principes et fondements de la constitution d'un Front démocratique uni.

    

 

En Octobre 1995, dans une déclaration interne explicite, il présente sa démission du Bureau Nationale du P.A.D.S. tout en restant membre du Comité Central. A partir de cette date, son souci premier est de s'engager dans l'écriture de l'histoire politique du Maroc et de l'expérience du mouvement politique marocain et en particulier de l'U.N.F.P. Parallèlement, il s'investit pour regrouper tous les textes et les écrits de Mehdi Ben Barka aux côtés de sa famille. Il souhaitait, à travers l'analyse politique de Ben Barka, dégager les repères d'analyse de la politique actuelle. Par ailleurs, fidèle à son engagement, il comptait participer au prochain congrès de son parti, en 1999, par des contributions idéologiques et politiques.

    Ses activités politiques diverses nécessitaient un certain nombre de déplacements et de disponibilités. Malgré ces contraintes, il assuma, depuis 1985, des activités professionnelles en tant qu'ingénieur conseil en automation industrielle. Sa profession libérale lui permettait de rentrer en contact avec de grandes entreprises telles que Renault, Aérospatial, Thomson, Alsthom.... A ce titre, il mit en place un certain nombre de stages : régulation de deuxième niveau ; régulation par correcteurs numériques , régulation en climatisation , commande et régulation en chauffage , création et animation de "stages constructeurs" spécifiques en partenariat avec les constructeurs de matériels industriels d'automation en régulation....

    Son engagement politique étant prioritaire, il a dû très souvent repousser des propositions de travail. Malgré ses fréquents refus, les entreprises faisaient appel à lui pour ses compétences scientifiques et pédagogiques. Il devait assurer un stage sur la climatisation en Octobre 1998.
Pour Abdelghani, assumer ses responsabilités militantes, c'était aussi savoir assurer ses responsabilités professionnelles et familiales : donner à ses enfants les moyens de poursuivre leurs études et de construire leur propre avenir.

    Depuis juillet 1996, il a dû faire face à la maladie : un cancer avancé, trop avancé pour son âge (47 ans), mais que les vicissitudes de l'exil, certaines désillusions et déceptions profondes ont peut-être accélérée. Il a sûrement été atteint par un certain cynisme politique jusque dans sa chair sans jamais vouloir le montrer. Pendant plus de deux années, malgré les conseils dispensés par son entourage (famille comme amis) afin qu'il ne s'occupe que de sa santé, il continua son combat pour dénigrer l'injustice et proposer des solutions d'actions pour instaurer le Droit et la Démocratie.


    Malgré son traitement de chimiothérapie lourd, il mit en chantier des écrits qui resteront inachevés. Il assura régulièrement la rédaction, la publication et la diffusion du bulletin " Droits pluriels ", et participa à des conférences et colloques. Il pensait à une confrontation d'idées entre pays d'Afrique et du Maghreb à travers des bulletins et revues. Il a écrit des proses ( Aljazal) dont l'une a été  traduite en français mais aussi un essai inachevé «  les crépuscules d'un despote » dont une partie enregistrée sur une  cassette. .. Mais surtout, il souhaitait entrer dans l'an 2000, avec les nouvelles technologies en créant un site Internet sur le Maroc et les Droits de l'Homme qu'il nomma "Maroc-Réalités". C'est par ce biais qu'il aurait souhaité communiquer au monde cette vérité : même si tout se conjugue pour nous abattre ou nous oublier, il faut persévérer sur le chemin de la vérité et de la justice. Il ne se faisait pas à l'idée qu'aucune voix ne puisse persister pour s'élever contre l'injustice, espérant qu'un jour, l'avenir sera meilleur. A ce jour, ce site a évolué .

    Le combat qu'il a mené pour l'instauration de la démocratie, le droit et la liberté s'est développé avec un esprit d'ouverture. Il était persuadé que seule l'unité des forces de gauche pouvait aboutir à des résultats concrets en faveur de l'amélioration des conditions de vie du peuple marocain.
Abdelghani n'a jamais cessé d'oeuvrer pour le dialogue entre les différents mouvements et tendances politiques marocaines pour l'élaboration d'une plate-forme commune dans le respect des positions de chacun mais pour un même objectif : la lutte contre l'injustice et l'obscurantisme et pour l'instauration des bases minima de la démocratie et l'état de droit. Comme il l'écrivait dans la "Lettre du Maroc" en Février 1995 après une analyse critique de la première alternance : " Il est grand temps pour les forces démocratiques de notre pays de se rassembler pour faire aboutir, par la lutte démocratique conséquente et unitaire, les revendications constitutionnelles et politiques urgentes de notre peuple, et en particulier:
- La révision globale et radicale de la constitution afin d'asseoir les fondements de l'Etat de droit et de la démocratie: souveraineté du peuple, séparation des pouvoirs, gouvernement et premier ministre issus de la majorité et responsables devant le parlement (et non pas l'inverse...), élections libres et honnêtes... etc.
- L'annulation des élections, et la réélection d'institutions démocratiques réellement représentatives, sans fraude ni intervention de l'administration...
Sans l'instauration des fondements de la démocratie, la crise politique ira s'amplifiant et s'aiguisant. Les rotations, substitutions et translations de ministres et de gouvernements n'y changeront rien. Les réformettes et replâtrages économiques et sociaux non plus. Il n'y aura pas de développement véritable ni de paix sociale, tant que le peuple est privé de souveraineté, la machine économique et administrative bloquée et corrompue.. "

    Il restait sceptique sur les capacités et les possibilités du gouvernement actuel à réussir l'alternance. En Septembre 1998, cinq jours avant sa disparition, il écrit sous le titre "Le gouvernement Youssoufi : Mesures urgentes et perspectives" : " M.Youssoufi pourra t-il créer les conditions nécessaires pour imposer les droits de l'homme et une vraie transition vers l'état de droit ? Nos analyses précédentes et les conditions de la constitution de ce curieux gouvernement nous incitent à en douter...Pour notre part , nous valoriserons tout acquis social et toute avancée démocratique dans notre pays ; nous continuerons à juger sur pièces. "
Malgré ses doutes, Abdelghani tenait à continuer le combat pour l'Etat de droit, la démocratie et la dignité humaine.
Il aimait à citer cette phrase de Max FRICH "celui qui lutte peut perdre, celui qui renonce à lutter a déjà perdu". Il n'a jamais renoncé, ni face aux injustices et encore moins face aux opportunismes. Même s'il se posait des questions sur l'avenir un peu trop voilé non seulement au Maroc mais encore dans le monde, il a conservé jusqu'au bout cette capacité à redonner l'espoir à ceux qu'il côtoyait.

Hayat Berrada-Bousta - 1999

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